31/07/2026
Une cliente en pleine séparation ne comprenait pas comment le père de ses enfants pouvait les voir aussi peu, aussi mal, avec aussi peu de constance ; alors qu'eux étaient, pour elle, la priorité absolue.
Je lui ai rappelé une évidence qu'on oublie souvent en plein conflit, une chose difficile à entendre mais qui peut soulager : pour beaucoup d'hommes( et femmes aussi), les enfants n'arrivent pas en priorité numéro un.
Le travail, la réussite, tout ce qui structure leur identité passe parfois avant. La famille arrive en quatrième, voire cinquième ; pas par manque d'amour, mais parce que la hiérarchie de valeurs n'est simplement pas la même.
Vouloir que tout le monde partage notre propre échelle de priorités, c'est se garantir une vie de déceptions.
Et ce ne serait vraiment pas une bonne idée de faire changer l'autre de hiérarchie.
Commencer par accepter que la sienne existe, et arrêter d'attendre de l’autre ce qu'il n'a jamais promis.
"Fais aux autres ce que tu aimerais qu'on te fasse." Joli sur le papier. Faux dans la pratique.
Parce que ce que j'aimerais qu'on me fasse, c'est basé sur mes valeurs à moi, mon rapport au monde à moi. Offrir ça à quelqu'un d'autre, ce n'est pas de la générosité ; c'est du narcissisme déguisé en bienveillance.
La vraie question n'est jamais "qu'est-ce que moi j'aimerais recevoir." C'est "qu'est-ce que cette personne-là, avec sa hiérarchie de valeurs à elle, aimerait recevoir."
Un client qui a besoin de rapport de force n'a pas besoin de douceur.
Un enfant qui a besoin de cadre n'a pas besoin de liberté.
Un associé qui fonctionne aux résultats n'a pas besoin d'écoute empathique.
Le respect, ce n'est pas de traiter tout le monde pareil.
C'est de prendre la peine de voir ce qui compte pour l'autre et de le lui donner, même si ce n'est pas ce que nous, on aurait choisi.
Tout cela est passionnant, non ?