02/09/2026
Bonjour,
Je prends enfin le temps de vous écrire ces quelques mots.
J'ai dû quitter précipitamment le cabinet le lundi 27 juin car à la suite d'une échographie lors de ma grossesse, mon médecin a détecté un lourd problème de placenta, mortel pour mes jumelles et j'ai dû subir une chirurgie foetale à Bruxelles le lendemain. La conséquence directe a été la perte d'une de mes deux jumelles.
Mon absence devait me permettre de récupérer physiquement de la chirurgie, d'entrer dans un deuil difficile à faire car il me fallait pleurer une fille et me réjouir d'avoir sauver la deuxième.
A peine le temps de reprendre goût à la grossesse qui continuait parfaitement qu'un second drame est arrivé un mois après. Le petit coeur de ma 2ème puce venait de s'arrêter, tout bêtement, sans bruit (elle avait tellement de place qu'elle a bougé, tourné et tordu son petit cordon). A partir de ce moment-là, le temps s'arrête, le monde s'arrête, et pourtant tout va si vite. Il faut accoucher, il faut autopsier, il faut les enterrer, il faut faire les papiers, il faut soi-même survivre...
Nous voici à un mois de l'accouchement et même si physiquement je commence à reprendre force, mentalement je suis encore très fragile. Le cabinet me manque énormément, vous aussi, mais par respect pour la qualité du travail que je veux vous fournir, je dois encore m'absenter.
Ecrire ces quelques mots me coûtent énormément d'émotions. Alors les dire, mettre des mots dessus plusieurs fois par jour, tout en travaillant, cela m'est impossible...
Merci pour la tendresse que certains m'ont témoignée, la douceur de vos pensées me vont droit au coeur.
Je prends le temps de me reconstruire. Je pouvais endurer n'importe quelle chirurgie sur mes articulations, supporter n'importe quelle douleur physique que mon corps fatigué essayait de me dire, je pouvais tout supporter. Mais aujourd'hui, mon coeur brisé est plus fort que mon mental à toute épreuve passée.
Je reviendrai, avec ma force et ma bonne humeur.
Je vous laisse encore quelques temps dans les mains de Marie-Catherine et je cherche encore un (e) remplaçant(e) digne de la conduite de notre pratique.
Merci pour votre bienveillance et pour votre patience,
Jennyfer