15/05/2026
Le syndrome de déséquilibre de dialyse est une complication neurologique rare mais grave qui survient pendant ou peu après une hémodialyse.
Ce syndrome se manifeste par l'élimination rapide, lors de la dialyse, de solutés de faible masse moléculaire comme l'urée dans le sang, tandis que l'élimination de l'urée cérébrale est plus lente en raison de la barrière hémato-encéphalique. Il en résulte un gradient de pression osmotique inverse temporaire : la pression osmotique sanguine diminue rapidement, tandis que la pression osmotique cérébrale diminue plus lentement, entraînant un flux d'eau du sang vers le tissu cérébral, ce qui provoque un œdème cérébral et une augmentation de la pression intracrânienne.
1. Symptômes principaux
Les symptômes sont d'intensité variable et apparaissent généralement pendant ou immédiatement après la dialyse. Symptômes bénins/fréquents : Maux de tête, nausées, vomissements, agitation, spasmes musculaires, vision trouble.
Symptômes graves/d’urgence : Confusion, désorientation, convulsions, coma ; dans les cas les plus graves, la vie peut être en danger.
2. Groupes à haut risque
Le syndrome de déséquilibre de dialyse est plus susceptible de survenir chez les groupes suivants :
Patients débutant une hémodialyse
Patients présentant des taux d’urée sanguine prédialytique extrêmement élevés (généralement supérieurs à 175 mg/dL ou 60 mmol/L)
Patients reprenant une dialyse d’entretien après une interruption
Patients aux âges extrêmes (enfants et personnes âgées)
Patients atteints d’autres affections cérébrales, telles qu’un AVC, une épilepsie, une méningite, etc.
Mesures préventives :
Dialyse lente : Chez les patients à haut risque, la première séance de dialyse doit être réalisée à faible débit (par exemple, 150 à 200 mL/min), de courte durée (par exemple, 2 heures) et avec une surface de dialyseur réduite afin d’éviter une élimination trop rapide de l’urée.
Contrôle de la concentration de sodium : L’utilisation d’une concentration plus élevée de sodium dans le dialysat contribue au maintien de la pression osmotique plasmatique et réduit le gradient osmotique. Certains appareils de dialyse peuvent fonctionner en mode « courbe de sodium », utilisant une concentration élevée de sodium en début de dialyse et la ramenant à la normale en fin de séance.
Alternatives thérapeutiques : Chez les patients à très haut risque, une hémodialyse continue (CRRT) peut être envisagée en raison de son élimination plus douce des fluides et des solutés, qui déclenche rarement ce syndrome.
Prise en charge : En cas de symptômes suspects pendant la dialyse, le traitement de première intention consiste à adapter immédiatement la prescription de dialyse, par exemple en effectuant un repositionnement du sodium ou une perfusion intraveineuse de sérum physiologique hypertonique/mannitol afin d’augmenter l’osmolalité plasmatique.
La plupart des cas bénins se résolvent dans les 30 minutes suivant l’ajustement. La dialyse ne doit être interrompue qu’en cas d’inefficacité du traitement ou de symptômes sévères.
Le syndrome de déséquilibre de dialyse est un déséquilibre osmotique cérébral causé par une dialyse trop rapide. La prévention est essentielle, surtout pour les patients dialysés pour la première fois ou ceux présentant un taux d'urée sanguine extrêmement élevé. L'adoption d'un protocole de dialyse lent et doux est cruciale pour éviter cette complication grave.