14/04/2026
Énurésie Nocturne, TDAH et Hyperlaxité Articulaire : Une Triade Neurodéveloppementale Sous-Estimée
L'énurésie nocturne (EN) désigne l'incontinence urinaire intermittente survenant pendant le sommeil chez un enfant d'au moins cinq ans, en l'absence de toute période de continence nocturne d'au moins six mois (énurésie primaire) ou après une telle période (énurésie secondaire). Sa prévalence est loin d'être négligeable : environ 15 % des enfants de plus de 7 ans en souffrent. Si le lien entre énurésie et TDAH est documenté depuis plusieurs décennies, l'introduction d'un troisième facteur — l'hyperlaxité articulaire généralisée (HAG) — ouvre une perspective neurodéveloppementale liée au tissu connectif bien plus complexe, encore largement méconnue dans la pratique clinique pédiatrique.
Le lien TDAH–Énurésie : données épidémiologiques
L'association entre TDAH et énurésie nocturne est aujourd'hui bien établie sur le plan épidémiologique. Environ 20 % des enfants souffrant de TDAH présentent une énurésie nocturne primaire isolée, tandis que 10 % des enfants énurétiques répondent aux critères diagnostiques du TDAH Urofrance — une comorbidité que les recommandations françaises (Urofrance) classent au rang des troubles associés à rechercher systématiquement.
Par ailleurs, les enfants, adolescents et jeunes adultes présentant un TDAH montrent une prévalence de l'énurésie significativement plus élevée que les groupes contrôles, soit 13,6 % contre 0,9 %. Des études cas-témoins indiquent en outre que le taux d'accidents nocturnes est presque trois fois plus élevé chez les enfants atteints de TDAH, un écart qui ne peut être imputé à la seule négligence ou à un re**rd développemental.
Le lien Hyperlaxité–Énurésie : données récentes
Un troisième acteur émerge de la littérature récente : l'hyperlaxité articulaire généralisée. Une étude publiée dans le European Journal of Pediatrics (Kajbafzadeh et al., 2014, n=226 enfants âgés de 5 à 14 ans) a montré que l'HAG était significativement plus fréquente chez les enfants présentant une dysfonction mictionnelle que chez les contrôles : 45 % contre 17 % (p=0,001).
Plus récemment, une étude transversale iranienne publiée en 2024 dans BMC Pediatrics (n=180 enfants de 6 à 13 ans) a révélé que la prévalence de l'HAG était significativement plus élevée chez les enfants énurétiques (87,8 %) que chez les contrôles (28,9 %), et que les enfants présentant une énurésie nocturne avaient 19,87 fois plus de probabilité d'avoir une hyperlaxité articulaire généralisée, après ajustement pour l'âge, le sexe et l'IMC (p