Syndicat de la Fonction Publique

Syndicat de la Fonction Publique Le SFP est le plus ancien des trois syndicats représentatifs dans la fonction publique territoriale polynésienne. N° T.A.H.I.T.I. : 722777.

Depuis sa création, le SFP en Polynésie Française (anciennement connu comme SCFP), organisation syndicale représentative dans la Fonction Publique, a lutté pour faire reconnaître les droits des agents publics œuvrant dans l’administration. Le SFP est notamment le seul syndicat de la fonction publique territoriale qui a choisi :
- de ne défendre que les agents publics. Ceci implique que les moyens

obtenus grâce à nos sympathisants leur servent effectivement et ne soient pas employés à d’autres usages, comme recruter dans le privé ;
- en 2011 et 2013 de se positionner contre les mesures dérogatoires au principe du concours proposées par les Gouvernements de l’époque (deux LP invalidées) ;
- de faire une action concrète (un recours au tribunal administratif) sur la non-revalorisation du point d’indice. Le SFP est ouvert à tous (catégories C, D, ANFAs, ANTs). Le syndicat dispose notamment de :
- 8 sièges dans les CAP (352 voix sur 2997 suffrages lors du scrutin du 30/11/2016), et en conséquence, 1 siège au sein du Conseil Supérieur de la Fonction Publique (CSFP), organisme majeur de la FPT ;
- 6 sièges dans les CTP (244 suffrages sur 3467 le 15/04/2015) ;
- 1 siège à la Commission Paritaire Consultative (équivalent des CAP pour les ANFAs) ainsi que 1 siège à la Commission d'Interprétation et de Conciliation (équivalent du CSFP pour les ANFAs). Si nos résultats électoraux peuvent sembler faibles, c’est que jusqu’à présent l’administration nous a bloqué dans notre action en ne nous octroyant pas les décharges d’activité auxquelles nous avions droit (ne nous permettant pas d'organiser correctement les élections). Puisque nous en bénéficions désormais, nous restons à la disposition des agents pour organiser toute réunion au sein des services, en fonction des besoins. On peut noter que le SFP attaque souvent l’administration, mais cette situation n’est pas de notre fait. Nous nous contentons de lutter contre la manie de certains à vouloir déroger aux règles établies. Par ailleurs, nous ne sommes pas systématiquement dans une position conflictuelle, et nous essayons d’être force de proposition. Bien que souvent ignorés, nous avons regroupés nos propositions dans un document (publié sur notre site internet) que nous faisons évoluer au fur et à mesure de nos rencontres avec les agents.

Mai 2026 - Point d’indice, ce sera +5 F.CFP !Faisant suite aux deux rencontres des 24 et 28 avril 2026, le gouvernement ...
26/05/2026

Mai 2026 - Point d’indice, ce sera +5 F.CFP !

Faisant suite aux deux rencontres des 24 et 28 avril 2026, le gouvernement a finalement acté une revalorisation de 5 F.CFP du point d’indice. A l’heure où ces lignes sont écrites, le gouvernement a également pris la décision de la création d’une prime « vie chère » dont profiteront les salariés du public, comme du privé, sur laquelle nous n’avons aucune visibilité. Petit retour sur ces négociations et le goût amer qu’elles peuvent laisser.

Une économie en pleine forme

Comme l’année dernière, le gouvernement a ouvert le bal de ces négociations avec une présentation de la situation économique du Pays. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout va bien ! Les indicateurs sont au beau fixe et on serait même tenté de dire que l’économie ne s’est jamais aussi bien portée. Le nombre de salariés inscrits à la CPS est au plus haut, la croissance est bonne et les recettes fiscales continuent de progresser… what else !

Le gouvernement est également revenu sur l’impact budgétaire de l’augmentation de 20 F.CFP du point d’indice intervenue l’année dernière. Un coup de pouce sensible, reconnaissons-le, dont le coût selon les chiffres même du gouvernement serait légèrement supérieur à 400 millions de F.CFP.

Deux bémols cependant. En premier lieu, un taux d’emploi relativement faible, puisqu’environ 20 000 personnes sont au chômage ou dans le halo du chômage et ne parviennent pas à trouver d’emploi. En second lieu, des inégalités de richesse qui interpellent, y compris dans la fonction publique. Malgré tout, élément intéressant de cette présentation, la croissance de l’économie est essentiellement portée par la consommation des ménages, et celle des agents publics en particulier…

Il n’est pas inutile de rappeler que dans une économie très importatrice comme la nôtre, ce n’est pas le secteur privé qui finance l’administration comme certains cherchent à le faire croire. C’est essentiellement l’argent distribué par le gouvernement qui génère de la consommation et donc du chiffre d’affaires pour les entreprises, dont il découle ensuite de la fiscalité.

Des revendications hétéroclites

Les syndicats affichaient des revendications bien différentes les unes des autres. La FRAAP demeurait fidèle à un rattrapage complet du pouvoir d’achat perdu depuis 20 ans et proposait un point d’indice à 1 296 F.CFP. A Tia I Mua souhaitait que l’inflation de 2025 soit couverte et proposait donc un point d’indice autour de 1 102 F.CFP. La CSTP FO réclamait 32 points d’augmentation, soit un indice à 1 112 F.CFP. La FISSAP s’alignait sur notre syndicat avec une progression de 30 points pour un indice à 1 110 F.CFP.

Les arguments

Les organisations syndicales faisaient valoir la perte de pouvoir d’achat subie par les fonctionnaires depuis des années, contrairement aux ANFA dont les salaires sont indexés. Le gouvernement y opposait le fait que les plus hauts salaires sont avantagés dans l’augmentation du point d’indice, alors que ce sont les plus petites catégories qui en ont le plus besoin.

Nous tentions alors de rappeler au gouvernement que l’objet de ces négociations n’était pas de solutionner tous les problèmes de l’administration, et notamment les écarts de grille, mais uniquement l’augmentation du point d’indice. Le pire qui pourrait être fait serait d’apporter de mauvaises solutions à de vrais problèmes.

Sur cet étalement des grilles, et donc des salaires dans la fonction publique, nous nous heurtons à un véritable problème de conviction. Le ministère en charge de la fonction publique souhaiterait a priori réduire considérablement les écarts entre les catégories D et A. Nous avons rappelé que des agents ayant consacré parfois plus de huit années d’études, et occupant des responsabilités fortes comme dans la santé, doivent gagner bien plus que des agents de catégorie D qui n’ont en général pas fait d’études et n’assument pas de responsabilités vitales.

Nous avons également tenté de rappeler que ces écarts de rémunérations devraient être perçus comme un stimulant pour progresser dans sa carrière, puisqu’il est possible d’évoluer dans la fonction publique.

Enfin, nous avons tenté de rebondir sur la présentation du gouvernement pour lui rappeler que selon ses propres chiffres et sa propre analyse, la croissance est portée par la rémunération des fonctionnaires. Plus nous dépensons et plus l’économie en profite. C’est ce que l’on appelle la relance.

Le ministère de la fonction publique faisait alors savoir avec beaucoup de franchise son refus de principe de toute augmentation du point d’indice. A priori, le ministère de l’économie et des finances était quant à lui sensible à l’argument de la relance. Et c’est entre ces deux positions extrêmes que le Président a fait son arbitrage. Apparemment, Madame la Ministre en charge de la fonction publique pèse davantage que Monsieur le Ministre de l’économie et des finances 😊 !

Un point de satisfaction

Ces négociations annuelles autour du point d’indice émanent d’une demande de notre syndicat effectuée lors de la rencontre du 1er mai 2024, puis inscrite dans le protocole d’accord de sortie de grève signé en décembre de la même année. Nous sommes donc satisfaits que l’évolution du point d’indice ne soit plus soumise au seul bon vouloir de nos dirigeants, et rythmée par l’arrivée des élections 😊 !

Nous nous souvenons également que nous avons traversé des périodes longues, jusqu’à huit ans, durant lesquelles le point d’indice avait stagné. Qu’il progresse deux années de suite (2025 et 2026) est en soit une victoire. Mais une victoire en demi-teinte en raison des maigres 5 points de 2026.

Un arbitrage surprenant

Le gouvernement a donc décidé de revaloriser le point d’indice de 5 F.CFP et de créer une prime « vie chère » destinée aux salariés du privé et du public. Pourtant, cette seconde option n’a jamais été évoquée au cours des deux demi-journées de négociations. C’est l’inconnu !

Pour l’organisation syndicale que nous sommes, il n’est pas acceptable que des négociations sur le point d’indice débouchent sur des décisions qui concernent les salariés du privé.

Le gouvernement a rencontré les représentants syndicaux du patronat, et cette prime « vie chère » n’a visiblement jamais été évoquée non plus. C’est un nouveau lapin sorti du chapeau, comme les tickets restaurants en 2025, dont le texte a été rejeté à l’assemblée.

Pour justifier ses choix, le gouvernement précise que « ces décisions interviennent dans un contexte marqué par de fortes incertitudes économiques internationales et leurs effets potentiels sur notre économie. Elles traduisent un équilibre nécessaire entre le soutien au pouvoir d’achat et l’exigence de responsabilité collective, dans une société où les inégalités demeurent. C’est au regard de ce double impératif de précaution et de responsabilité que ces décisions ont été prises. »

Donc si nous comprenons bien, lorsque l’économie va mal, les fonctionnaires doivent faire des concessions… ce que nous faisons depuis de nombreuses années. Et lorsque l’économie va bien, nous devons encore faire des concessions… au cas où ça irait mal. On se demande alors à quel moment nous pourrions être récompensés des sacrifices que nous faisons 😉 !

"Poids" budgétaire et position dogmatique

Pour limiter au maximum l’augmentation du point d’indice, le gouvernement aime rappeler sa prudence budgétaire. Sans doute est-il bon de souligner une nouvelle fois que les fonctionnaires du Pays ne sont pas une charge. Ils produisent, et même beaucoup. Quant à la prudence budgétaire, elle a tout de même été sérieusement mise à mal ses derniers temps, par exemple avec l’organisation des jeux du pacifique. L’investissement pour les bassins de natation ne dépassait-il pas les deux milliards de F.CFP ? Mais pour cela, tout baigne 😉 !

Ensuite, il y a ce dogme concernant les écarts de rémunération entre les catégories A et D qui sont jugés excessifs. Madame la Ministre en charge de la fonction publique et Monsieur le Président de la Polynésie française ne cachent pas leur envie de les réduire. Problème, faut-il réduire l’écart en augmentant les grilles des agents de catégorie D ou faut-il réduire celles des agents de catégorie A ? Sans aucun doute nous répondra-t-on qu’il faut faire progresser sensiblement les grilles des agents de catégorie D. Partons donc de ce principe.

Les grilles des agents de catégorie C sont globalement supérieures de 30 points à celles de leurs équivalents en catégorie D. L’écart est donc relativement faible et peut être vite comblé. Les agents de catégorie C accepteront-ils d’être rémunérés comme des agents de catégorie D sans afficher de mécontentement ? Certainement pas. Et ainsi de suite jusqu’aux catégories A. Pareille dynamique risque de conduire à un impact budgétaire très conséquent… avec à la clef une réelle menace de mouvement social.

Et pour démystifier les rémunérations des agents de catégories A qui sont visiblement jugées excessives, notre administration peine à recruter des ingénieurs car les rémunérations ne sont pas attractives. Les grilles des infirmiers spécialisés (catégorie A) viennent d’être revalorisées, mais elles conduisent à des rémunérations inférieures à ce que gagnent les mêmes agents dans l’hexagone. Il s’agit pourtant de métiers en tension pour lesquels le CHPF peine à recruter.

La relance ne se fait pas avec +5 points d’indice

Une augmentation de 5 points, c’est un peu comme l’aumône à la sortie du culte. Cette revalorisation représente un gain mensuel qui oscille entre 890 F.CFP pour un agent de catégorie D au 1er échelon et 5 415 F.CFP pour un praticien hospitalier au 13ème échelon. Autant dire que dans le budget de l’un, comme dans celui de l’autre, cette évolution ne se verra pas.

Si la relance économique a été un argument déclencheur de cette augmentation, ce n’est pas avec 5 points de plus qu’elle portera ses fruits. Pour qu’un programme de relance par les salaires fonctionne, il faut que la hausse soit suffisamment forte pour être porteuse d’au moins deux messages. Un premier à l’attention de ceux qui bénéficient de l’augmentation et qui dit en substance « Demain vous pourrez faire moins attention à ce que vous achetez, alors n’épargnez plus et consommez ». Et un second message aux commerçants et prestataires de services qu’on peut traduire ainsi « Préparez-vous et investissez car demain la consommation va faire un bon ! » Dans le cas présent, le message porté par ces 5 points d’indice supplémentaires est le même pour tous les acteurs économiques : « Ne changez-rien… car ça ne changera rien ! »

Dès demain, avec l’augmentation des prix des carburants puis des transports, quasiment tout sera mangé (voire plus). Et dès janvier prochain avec l’augmentation possible des taux de cotisations, le grignotage se poursuivra. Donc lorsque les comptes économiques publieront les résultats de 2026, il ne faut pas s’attendre à une grande croissance issue de la consommation.

Gardons à l’esprit…

Voilà deux années consécutives que le point d’indice progresse. Cela n’était pas arrivé depuis bien longtemps hors faveur électorale ou électoraliste. Certes l’augmentation est décevante mais elle n’est pas inexistante. Il serait donc relativement malvenu de se plaindre démesurément. D’autant que si le gouvernement avait décidé d’un status-quo, il était dans son bon droit, et nous n’avions pas notre mot à dire. La question n’est-elle pas finalement à quel seuil commencerions-nous à être satisfaits ?

Pour rafraîchir la mémoire de certains, lorsque le point d’indice a été relevé en mai 2016 après 100 mois de stabilité… il ne l’a été que de 5 points ! Certes, quatre mois plus t**d, il augmentait de nouveau de 5 points, mais cela reste 10 points en 104 mois ! Les conditions financières du Pays étaient toutefois différentes. Au 1er mai 2026, le point d’indice a pris 5 points en douze mois, ou 25 en 24 mois si l’on considère l’année 2025.

Alors même si ce n’est pas satisfaisant au regard de la situation économique très favorable du Pays, gardons à l’esprit que nous avons connu des périodes plus maigres.

Il est également bon de garder à l’esprit que lorsque le point d’indice a stagné sur une longue période, essentiellement sous une ancienne majorité politique, aucun syndicat n’a brandi une quelconque menace de grève pour tenter de faire bouger les lignes. Appeler aujourd’hui à un mouvement social pour témoigner de son mécontentement ne serait alors que l’affirmation d’une prise de position politique. Est-ce l’objet des syndicats ?

L'arbitraire, toujours l'arbitraire !Imaginez : vous êtes une infirmière dans une clinique privée de réa-néonatalogie. V...
22/05/2026

L'arbitraire, toujours l'arbitraire !

Imaginez : vous êtes une infirmière dans une clinique privée de réa-néonatalogie. Vous sauvez des vies de bébés tous les jours. Un jour, votre RH vous appelle et vous dit : “Tu es trop payée. On baisse ton salaire rétroactivement. Tu nous dois 12 mois de remboursement. Et si tu ne paies pas, on prélève directement sur ton compte bancaire.”

Inimaginable ? Oui. Dans le privé, le code du travail protège le salarié. Un employeur ne peut pas baisser un salaire d’office, ni se rembourser comme il veut, ni saisir librement un compte bancaire.

Et pourtant, pour des milliers d’agents publics en Polynésie française, ce cauchemar peut devenir une réalité. Depuis l’adoption du code des finances publiques, l’administration peut décider seule qu’un trop-perçu doit être reversé, puis recouvrer rapidement les sommes, sans que le recours de l’agent suspende automatiquement la procédure.

Le cas réel d’une infirmière l’a montré : un trop-perçu important lui a été réclamé, son recours en référé n’a pas suffi à suspendre le recouvrement, et elle s’est retrouvée seule face à une machine administrative beaucoup trop puissante. Cerise sur le gâteau, on ne lui a payé ses congés payés non pris, car le gouvernement se le permet légalement.

Le code des finances publique doit être révisé d’urgence :

pour limiter la répétition de l’indu quand la décision est déjà définitive ;

pour suspendre automatiquement le recouvrement quand l’agent conteste ;

pour garantir le paiement effectif des droits dus, y compris les congés payés non pris avant le départ.

Dans le privé, ce cauchemar est interdit. Dans le public, il est devenu possible.

Mai 2026 - Dépression aux MarquisesOn dit souvent « loin des yeux, loin du cœur » pour illustrer le fait que nos préoccu...
14/05/2026

Mai 2026 - Dépression aux Marquises

On dit souvent « loin des yeux, loin du cœur » pour illustrer le fait que nos préoccupations sont focalisées sur notre espace le plus proche. C’est aussi une façon de se rappeler que plus l’appel vient de loin, moins il est audible... malheureusement. Cette fois l’alerte est venue de très loin… des Marquises. Ce qui a particulièrement attiré notre attention, c’est qu’elle est venue de plusieurs sources bien distinctes. « Aidez-nous » pour les uns, et « prenez très au sérieux leur situation » pour les autres. En creusant un peu, nous nous sommes aperçus que la problématique était bien plus préoccupante que nous le pensions. Il y avait pourtant eu des signaux faibles, mais ceux qui auraient dû y prêter attention, ont sans doute manqué de vigilance…

Fin 2024, un jeune adolescent se su***de, puis en 2025, deux autres tentent de mettre fin à leur vie en quelques mois. Ils ont en commun d’être scolarisés au collège d’Atuona. Ils ont aussi en commun d’avoir été apparemment harcelés. Ils ont aussi en commun le fait de n’avoir été ni écoutés ni secourus. Leur geste désespéré était sans nul doute destiné à mettre fin à leur propre souffrance. Dans leur jeune âge, ils n’imaginaient certainement pas le désarroi que leur absence créerait.

Et puis récemment, c’est une adjointe d’éducation qui a tenté de mettre fin à ses jours. Epuisée, écœurée, à bout, et sans issue visible. En cause, un management que nous qualifierons de "particulier" au sein du collège et du pensionnat d’Atuona.

Dans ces lieux éloignés, les frontières sont souvent fragiles entre collègues, hiérarchie, famille, affinités politiques, etc. L’agent sur lequel on exerce une autorité hiérarchique est parfois un fetii, ou le fetii d’une personnalité politique influente. C’est aussi parfois un opposant, une personne avec laquelle existent des conflits extérieurs au monde professionnel… Et ces désaccords trouvent malheureusement des extensions dans les relations entretenues au quotidien professionnellement.

Lorsque le management affiche ouvertement de la partialité, il perd en crédibilité et crée des situations inacceptables pour quiconque aspire à de la rationalité. Tout cela crée stress, angoisse et épuisement chez ceux qui le subissent. Seule porte de sortie pour ne pas sombrer, aller à la rencontre de son médecin, exposer sa situation et s’effondrer devant lui. C’est ce qui est arrivé à un certain nombre d’agents du collège d’Atuona.

Malgré tout, conscients qu’in fine se sont les élèves qui trinquent, ces agents ont jusqu’à présent essayé d’être arrêtés le moins longtemps possible. Cependant ils sont rapidement rattrapés par un manque d’humanité qui les fait replonger.

Leur hiérarchie est certainement persuadée d’agir correctement. Elle ne change donc pas de comportement et ne se remet pas en question. Il s’en suit des propos humiliants, des accusations publiques infondées, et notamment le fait que leurs arrêts maladie ne seraient « que des arrêts de complaisance ». Le droit au doute est permis. Même si l’on n’est pas médecin, rien n’interdit de prendre position. En revanche, lancer de telles affirmations publiquement relève de la calomnie. Une calomnie qui jusqu’à aujourd’hui n’a jamais été sanctionnée.

Mais la conseillère principale d’éducation au cœur des préoccupations est visiblement dotée de grandes compétences médicales. Irait-elle jusqu’à court-circuiter l'infirmière du collège en décidant de lui adresser, ou pas, les élèves de l'établissement au regard de sa propre expertise ? Nous sommes en droit de nous interroger… Car il semble qu’elle n’hésiterait pas à remettre en cause des dispenses totales d’activités sportives rédigées par les médecins. Il paraît également qu’elle remettrait en question le motif de certains projets d’accueil individualisés, allant jusqu’à considérer son expertise au-dessus de celle du corps médical...

Son diagnostic semble reposer sur le mantra que les élèves sont des comédiens qui cherchent seulement à échapper aux cours, alors qu’en réalité ils vont très bien. Animée par cette pensée, il semble qu’elle aille jusqu’à nier de graves problèmes de santé chez les élèves.

Nous avons appris par diverses sources que l’année passée, une élève a nécessité une aide médicale en urgence parce que cette conseillère principale d’éducation lui aurait dans un premier temps refusé l’accès à l’infirmerie alors qu’elle était visiblement en souffrance. Le drame a été évité de peu.

La facture aurait légitimement dû être adressée à cette responsable du collège qui a arbitré cette décision ayant conduit à cette situation… Mais non, c’est la collectivité qui devra payer pour autant d’imbécilité !

De nombreux agents évoquent également un sentiment de deux poids, deux mesures dans le traitement des situations professionnelles. Certaines négligences en matière de surveillance émanant des mêmes personnes ont été signalées à plusieurs reprises, y compris par des cantinières. Ces multirécidivistes n’ont jamais été sanctionnés.

Ce sont d’abord les élèves qui avaient dérapé qui ont été sermonnés. D’une certaine façon, ils méritaient d’être rappelés à l’ordre. Mais les agents supposés assurer leur surveillance, eux, ont poursuivi leur quotidien comme si de rien n’était. Parallèlement, les agents qui ont rattrapé ces négligences ont rapidement été convoqués ! Pourtant, heureusement qu’ils sont intervenus consciencieusement pour pallier ces carences et ainsi éviter de possibles conséquences funestes. Les parents qui ont un peu de bouteille le savent, surveiller des adolescents, c’est un peu comme surveiller du lait sur le feu.

Des signalements ont été opérés auprès de la Direction Générale des Enseignements et de l’éducation. A ce jour, aucune mesure concrète n’a été prise. Pourtant, compte tenu de la gravité des faits, on aurait pu aspirer au lancement rapide d’une enquête, d’un audit… mais de ce que nous savons, rien pour le moment. Cependant, les risques psycho-sociaux étaient évidents !

Le Syndicat de la fonction publique a opéré deux signalements à quelques jours d’intervalle. En réponse, la direction de l’éducation considère, à juste titre, qu’il faut « objectiver » les faits. Il est vrai que deux versions drastiquement opposées s’affrontent visiblement. D’un côté celle d’agents ou d’élèves en souffrance, et de l’autre, celle d’une hiérarchie qui doit défendre ses choix et sans doute tenter de préserver son petit pré carré.

Pour autant, un adjoint d’éducation a été évacué sur Tahiti en raison de son geste désespéré et de son état de santé qui en a découlé… Ne sommes-nous pas un peu au-delà du narratif ?

De ce que nous savons, par un véritable concours de circonstances, la hiérarchie du collège avait planifié depuis un certain temps un déplacement sur Tahiti avant que l’incident n’ait lieu. Elle est donc arrivée presque en même temps que l’adjointe d’éducation évasanée. La concordance était donc idéale pour tenter d’imposer son narratif auprès de la direction de la DGEE.

La direction de l’éducation est davantage en contact avec ses interlocuteurs privilégiés, comme les responsables, plutôt qu’avec les simples agents, voire les élèves. Le narratif qu’elle entend logiquement le plus est alors celui des responsables. Le point de vue des agents s’estompe malheureusement derrière celui des autorités hiérarchiques. Quant au ressenti des élèves, il y a de quoi s’interroger sur l’attention qu’on lui accorde.

C’est sans doute la raison pour laquelle il semble important pour la DGEE « d’objectiver » la parole des agents alors qu’il ne semble pas nécessaire de franchir cette étape pour les personnes en responsabilité. Pour autant, comme nous le rappelions à la Direction de l’éducation, les personnes occupant des responsabilités hiérarchiques sont tout aussi disposées que d’autres à produire des narratifs "erronés" pour couvrir leurs fautes…

D’autant que les manquements sont a priori nombreux et récurrents. Lorsque des adolescents connus pour des pathologies se plaignent et réclament de pouvoir être auscultés, cette conseillère principale d’éducation, fidèle à son mantra, considère visiblement qu’ils simulent. Lorsqu’ils sont en souffrance psychologique en raison de leur mal-être, de leur solitude, là encore, cette personne considère certainement qu’ils ne sont que des pleurnichards qui doivent s’endurcir. Pour que des adolescent aient ainsi pu passer à l’acte, c’est qu’il leur fut certainement barrée la route d’une écoute. Ont-ils eu un accès libre à la personne qui assure les premiers soins au sein du collège ? Leur a-t-on donné la possibilité d’être écoutés, épaulés par une oreille attentive ? Existe normalement au sein du collège une infirmerie avec un ou une infirmière qui a choisi ce métier et ce poste car il / elle a la vocation pour aider les gens.

Notre syndicat est très présent dans la santé publique. Qu’il s’agisse des médecins, des infirmiers(ères), des puéricultrices, des sage-femmes ou des aides-soignants(es) que nous connaissons, toutes et tous ont en commun cette volonté d’aider les gens. Dès lors, nous ne doutons pas une seconde que l’infirmier ou l’infirmière du collège soit animé(e) du même état d’esprit.

Lorsque des adolescents se scarifient, il semblerait que cette conseillère principale d’éducation évalue la gravité de la situation à la profondeur des entailles… Lorsque la scarification serait peu profonde, il deviendrait inutile de se soucier, d’ausculter ou d’écouter. Dès lors, sans doute un pansement suffit-il lorsque la scarification est profonde… Le « pourquoi ce geste ? » semble totalement absent de sa pensée.

Devant pareil comportement, on comprend mieux que des adolescents tentent de se su***der et tristement y parviennent parfois. Et lorsque cela se produit, ceux qui auraient pu intervenir et qui ont potentiellement été empêchés par leur hiérarchie, se retrouvent très certainement meurtris. D’où toute cette souffrance qui nous est remontée par différents canaux et qui prend différentes formes.

D’après des échos qui nous reviennent, l’attitude et les propos de cette conseillère principale d’éducation flirtent parfois avec un certain racisme. A chaque problème, cette personne rattache une défaillance familiale et, fidèle à son mantra, considère apparemment les élèves comme des menteurs et des manipulateurs.

Comment une personne qui se passe la corde au coup dans l’intimité peut-elle être considérée comme menteuse et manipulatrice ?

Il y a donc quelque chose qui interroge. Des adolescents d’un même établissement passent à l’acte. Une adjointe d’éducation suit dramatiquement le même chemin, mais fort heureusement, est sauvée in extremis. Et à ce jour, on s’interroge sur la nécessité « d’objectiver » des faits.

Le premier décès n’était-il pas un fait suffisamment objectif ? Les tentatives de su***des qui ont suivi n’étaient-elles pas des faits suffisamment objectifs ? La tentative de su***de de cette adjointe d’éducation n’est-elle pas non plus un fait probant ? Les dossiers étayés adressés à la DGEE depuis plus d’un an, ne constituaient-ils pas des faits ? Combien de drames faudra-t-il avant qu’une enquête sérieuse et indépendante soit déclenchée ? La facture n’est-elle pas déjà trop élevée ? Rationnellement on se demande pourquoi des mesures conservatoires n’ont pas encore été prises !

Là où il y a sérieusement de quoi s’interroger et s’inquiéter, c’est que les signalements ont été faits auprès de la direction de l’éducation par les agents eux-mêmes. Avec beaucoup de courage et d’abnégation ils ont constitué des dossiers, les ont remis aux autorités. Il semble même que des syndicats différents du nôtre aient aussi été alertés… Et pourtant, à ce jour, il ne s’est rien passé.

En attendant, les familles dont les enfants sont en souffrance ne sont pas aveugles. Lorsqu’elles récupèrent leurs enfants le temps des vacances, elles comprennent ce qu’il se passe. La défiance vis-à-vis de l’institution grandit. La colère légitime enfle vis-à-vis de ces personnes qui outre-passent leurs prérogatives.

Si, comme tout semble l’indiquer, cette conseillère principale d’éducation vient de l’hexagone, son comportement risque de créer des amalgames dont il sera difficile de sortir. Le chef d’établissement joue un rôle essentiel dans le traitement de ces situations ainsi que dans la protection des personnels et des élèves. En tant que garant de la sécurité et du bien-être de tous, il porte aujourd’hui une lourde responsabilité dans la façon dont ces alertes sont traitées et dont le personnel est "protégé". D’ailleurs, selon la circulaire n°2015-139 du 10 août 2025, le conseiller principal d’éducation est censé collaborer avec les personnels sociaux et de santé pour lutter, notamment, contre les risques psycho-sociaux, auxquels sont bien évidemment rattachées les tentatives de su***des. Il est aussi supposé contribuer à la qualité du climat scolaire notamment par la prévention et la gestion des conflits… Il semble qu’on en soit loin dans le cas présent.

Notre signalement devrait enclencher une enquête administrative. Mais nous restons vigilants car pour le moment ce ne sont que des mots. Si, comme nous le subodorons, des fautes professionnelles devaient être constatées, elles pourraient aussi ouvrir la voie à un volet pénal tant certaines sont graves. Mais la DGEE aura-t-elle le courage d’aller jusque-là ? Ou, comme dans bien des situations passées, cherchera-t-elle une nouvelle fois à se dérober et à étouffer l’affaire ?

Par-dessus tout, il faut espérer que cette histoire ouvre grand les oreilles de ceux qui ont été destinataires des alertes. Espérons qu’ils seront désormais sensibles aux signaux faibles. Mieux vaut une réaction rapide pour une situation anodine qu’une absence de réaction pour des faits graves.

🎉 Victoire historique pour l’emploi local dans la fonction publique !✅ Aujourd’hui, l’Assemblée de la Polynésie français...
14/05/2026

🎉 Victoire historique pour l’emploi local dans la fonction publique !

✅ Aujourd’hui, l’Assemblée de la Polynésie française a adopté la réforme sur la protection de l’emploi local dans la fonction publique, par une très large majorité.

Ce texte consacre enfin, côté administration, une logique déjà appliquée depuis plusieurs années au secteur privé : la priorité donnée aux résidents en fonction d’une durée de présence en Polynésie française.

⚖️ Un alignement attendu depuis la loi du Pays de 2019 pour le privé

📜En 2019, la loi du Pays n° 2019‑30 relative à la promotion et à la protection de l’emploi local a posé, pour le secteur privé, un principe clair : à compétences égales, l’accès à l’emploi devait être prioritairement réservé aux personnes justifiant d’une durée suffisante de résidence (3, 5 ou 10 ans selon le niveau de protection). Cette loi, entrée en application concrète à partir d’octobre 2022, après la fixation de la liste des métiers protégés, a ouvert une nouvelle étape pour les salariés du secteur privé.

Avec le vote d’aujourd’hui, la fonction publique rejoint enfin ce mouvement, en intégrant à son tour des critères de résidence pour l’accès aux emplois, dans une logique de protection et de promotion de l’emploi local alignée sur celle du code du travail. 🌺

🕊️ De Pouvanaa a Oopa à 2026 : un cycle qui se referme

Cette réforme ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une longue histoire polynésienne de défense des travailleurs et des résidents.

Dès 1947, Pouvanaa a Oopa s’illustrait par des actions fortes pour défendre les intérêts des Polynésiens face aux déséquilibres économiques, ouvrant un cycle politique centré sur la protection des habitants du Pays. Aujourd’hui, en étendant la logique de l’emploi local à la fonction publique après le privé, nous pouvons dire que ce cycle trouve une forme d’aboutissement : le gouvernement local se met enfin au diapason de la protection reconnue aux salariés du secteur privé.

⛵📚 Ce que nous écrivions dans “La fonction publique territoriale : un va’a sans peperu”

Dans notre ouvrage, nous décrivions une fonction publique qui, pendant trop longtemps, est restée en marge des dispositifs de protection de l’emploi local, alors même qu’elle représente un volume d’emplois considérable et un enjeu central pour les résidents.

Nous appelions à une cohérence d’ensemble : même principe pour le privé et pour le public, sur la base de la durée de résidence et de la prise en compte des compétences locales.

Le texte adopté aujourd’hui va précisément dans ce sens. 📖

✊ Un message clair : les emplois publics du Pays doivent d’abord bénéficier à ceux qui y vivent

Ce vote constitue :
🔹 un signal fort envoyé aux jeunes formés ici ou revenus au fenua ;

🔹 une reconnaissance politique de la priorité aux résidents, déjà consacrée en 2019 pour le privé ;

🔹 un pas supplémentaire vers une administration réellement au service de sa population.

Nous saluons cette adoption comme une victoire collective pour les travailleurs du Pays, pour les agents publics et pour l’avenir de notre service public. 🌺✊





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BP 42105
Papeete
98713

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