11/08/2026
Moi, j'étais l'enfant qui contestait peu.
Pas parce que j'étais particulièrement sage.
J'avais surtout compris deux choses : que ça ne servait pas à grand-chose… et que je n'aimais pas les conflits.
Aujourd'hui, j'ai trois ados.
Et quand je les vois négocier, grappiller, me dire qu'ils ne sont pas d'accord ou m'expliquer pourquoi une décision leur paraît injuste, j'ai souvent deux réactions en même temps.
La première : ils ont quand même des cojones. Ils osent. 😅
La deuxième : qu'est-ce que c'est sport au quotidien.
Parce que oui, je trouve précieux qu'ils se sentent suffisamment en sécurité dans notre relation pour venir contester une décision, me dire qu'ils ne sont pas d'accord, et savoir que notre relation tiendra quand même.
Et ça, j'y tiens.
Chez nous, la règle est assez simple : tant que ça reste respectueux, tu peux me dire ce qui te dérange, trouver ma décision injuste et essayer de me faire changer d'avis.
Ça ne veut pas dire que ma décision changera.
Parce que donner à un adolescent le droit de contester une décision ne signifie pas lui donner le pouvoir de décider à notre place.
Je crois qu'on confond facilement les deux.
Surtout quand on a soi-même grandi avec une définition assez binaire de l'autorité : « j'obéis ou je désobéis ».
Dans ce cadre-là, toute résistance peut être vécue comme une remise en cause de notre légitimité de parent.
À l'adolescence, négocier, contester, vouloir décider davantage fait partie de l'apprentissage de l'autonomie : découvrir ses marges de manœuvre, faire entendre son point de vue, s'exercer progressivement à une liberté qu'on devra, de toute façon, finir par leur confier entièrement.
Et forcément, ça vient parfois frotter contre notre autorité et nos limites.
La question n'est donc pas d'empêcher le désaccord, mais de regarder ce qu'il devient.
Parce que le cadre vaut dans les deux sens.
L'adolescent peut contester, pas mépriser.
Le parent peut poser une limite, pas humilier pour la faire respecter.
On peut être en désaccord et continuer à prendre soin de la relation.
Évidemment, tout ça est beaucoup plus facile à écrire qu'à vivre. 😅
Parce qu'à 19h12, quand l'un négocie une règle, que le deuxième trouve une décision profondément injuste et que le troisième envisage de saisir la Cour européenne des droits de l'enfant, « accueillir la contestation » demande un peu plus que de beaux principes.
Ça demande d'être suffisamment stable.
Pas parfaitement calme.
Pas zen en permanence.
Mais suffisamment solide pour laisser le désaccord exister sans avoir besoin de le faire disparaître.
Suffisamment solide pour accueillir l'opposition sans m'effondrer, sans céder nécessairement, et sans avoir besoin d'écraser l'autre pour retrouver ma place.
Exercer son autorité, ce n'est pas avoir besoin de gagner chaque désaccord.
Pour moi, l'autorité parentale ne se mesure pas à l'absence de contestation, mais à la capacité de la relation à traverser le désaccord sans basculer dans le mépris ou l'humiliation.
Et vous, comment ça se passe, les désaccords à la maison ?
Sabrina - SO ZENKO | La Réunion