Cabinet de psychothérapie orientation Jungienne, Christelle Trognon

Cabinet de psychothérapie orientation Jungienne,  Christelle Trognon Psychothérapeute et Psycho-praticienne, orientation analyse Jungienne et thérapie cognitive comportementale (TCC).

Tarologue et enseignante en tarologie, page Facebook : Christelle Trognon, tarologie psycho-spirituel

20/08/2026

💜💜💜Magnifique Texte de Marguerite Yourcenar (Les Yeux Ouverts, 1980).💜💜

« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.

Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus t**d ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie.

; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. »

Marie-Paule Koulama ( FB )

19/08/2026

Les hérissons de Schopenhauer : apprendre la juste distance
(Métaphore philosophique sur la condition humaine.)

Un jour d’hiver, des hérissons cherchaient un refuge contre le froid. La température était si basse qu’ils n’avaient qu’une solution : se rapprocher les uns des autres pour partager leur chaleur.
Mais lorsqu’ils se rapprochaient trop, leurs épines se rencontraient et provoquaient de la douleur. Alors ils s’éloignaient. Pourtant, à distance, le froid redevenait insupportable. Ils étaient pris dans un mouvement sans fin : chercher la proximité, puis fuir lorsqu’elle devenait menaçante.
Après plusieurs tentatives, ils découvrirent une distance qui leur permettait de rester ensemble sans se blesser.

Cette parabole de Schopenhauer raconte quelque chose de profondément humain : notre rapport au lien.

Dès les premiers moments de notre vie, nous avons besoin des autres pour nous sentir en sécurité. La présence d’une figure disponible et rassurante nous aide à construire la confiance, à apprendre que nous pouvons compter sur quelqu’un, tout en développant progressivement notre propre autonomie.
Mais lorsque le lien a été associé à la peur, au rejet, à l’instabilité ou à l’insécurité, la proximité peut devenir ambivalente. Une partie de nous cherche la relation, tandis qu’une autre se protège du risque d’être blessée.
Certaines personnes vont alors se rapprocher sans cesse, dans une recherche intense de réassurance : elles craignent la distance, l’abandon ou le désintérêt de l’autre. D’autres choisissent au contraire de mettre une grande distance entre elles et les autres, convaincues qu’avoir besoin de quelqu’un expose forcément à la souffrance.

Derrière ces deux mouvements opposés se trouve souvent la même question : « Comment être en lien sans me mettre en danger ? »

La relation mature ne consiste pas à ne plus avoir besoin des autres, ni à devenir totalement indépendant. Elle consiste à pouvoir être proche tout en restant soi-même.
C’est apprendre à reconnaître ses limites, à exprimer ses besoins, à accueillir ceux de l’autre sans se sentir envahi, à recevoir de l’aide sans perdre son autonomie.

Les hérissons de Schopenhauer nous rappellent ainsi une réalité fondamentale : nous sommes des êtres de relation, mais nous avons aussi besoin d’un espace intérieur qui nous appartient.
La bonne distance n’est pas une absence d’amour. Elle est souvent la condition qui permet à l’amour, à l’amitié et aux liens humains de durer.
Car une relation saine n’est pas celle où deux êtres disparaissent l’un dans l’autre. C’est celle où deux personnes peuvent se rapprocher, se réchauffer mutuellement, tout en conservant leurs propres contours.

08/08/2026
07/08/2026

Tarologue, enseignante en tarologie depuis 18 années.

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02/08/2026

Le conflit érotique caché (ou conflit entre l'éthique et le sexe) est l'un des piliers majeurs de la rupture théorique entre Carl Gustav Jung et Sigmund Freud.

Alors que Freud réduisait la névrose à un refoulement purement sexuel issu de traumatismes d'enfance, Jung a démontré dans son œuvre " Psychologie de l'inconscient " que la névrose naît plutôt d'un conflit intérieur actuel et caché entre les exigences morales (conscientes) et les poussées instinctives (inconscientes). Ce conflit caché s'articule autour de trois dynamiques psychologiques fondamentales :

1. La désunion entre l'Éthique et le Sexe . La collision des opposés : Pour Jung, le conflit érotique n'est pas une simple anomalie, mais une tension naturelle entre la Persona (notre idéal moral social) et les besoins instinctifs. Le déni du conscient : Le moi conscient cherche à rester fidèle à des lois morales bien intentionnées, rejetant la force érotique dans l'inconscient. La dérobade : Face à la difficulté d'intégrer la sexualité de manière authentique dans sa vie, l'individu préfère fuir le problème, ce qui engendre la névrose.

2. L'Ombre sexuelle et les blessures cachées Le refoulement dans l'Ombre : Tout ce que la société ou la morale individuelle juge immoral ou inacceptable dans l'érotisme est relégué dans l'Ombre. Le sabotage relationnel : Ce conflit érotique non résolu s'alimente de nos blessures d'enfance, peurs et humiliations passées. La répétition des schémas : Tant que ce conflit reste caché, la personne projette inconsciemment ses manques sur son partenaire, transformant la relation amoureuse en un champ de bataille invisible.

3. La projection de l'Anima et de l'Animus Le miroir amoureux : L'attraction érotique violente ou conflictuelle est souvent le produit de la projection de nos archétypes sexuels internes : l'Anima (la part féminine chez l'homme) ou l'Animus (la part masculine chez la femme). La désillusion : Le conflit éclate lorsque l'autre refuse d'incarner l'idéal archétypal caché que notre inconscient lui impose. Transmuter le conflit : La vision de Jung Contrairement aux approches morales rigides, Jung n'appelait pas à réprimer l'instinct érotique, mais à lui redonner la place qui lui revient.

Il s'agit de reconnaître sa force divine et créatrice (Eros) et de la transmuter à travers le processus d'individuation (l'unification de soi).

Le mécanisme de la fascination amoureuse L'illusion du miroir : Lorsqu'un individu tombe éperdument amoureux, il ne voit pas le partenaire réel. Il projette sur lui son Anima ou son Animus interne. Le sentiment de perfection : L'autre semble immédiatement familier, divin et indispensable, car il incarne la moitié invisible de notre propre âme. Le piège de l'idéalisation : Cette projection court-circuite totalement la logique rationnelle et crée une dépendance affective immédiate. Le passage de l'extase au conflit érotique .

Le choc du réel : Le conflit caché éclate inévitablement lorsque le partenaire commence à agir selon sa vraie nature, brisant le masque de la projection. La sensation de trahison : L'individu ressent une profonde frustration, reprochant inconsciemment à l'autre de ne pas être conforme à l'archétype interne. La guerre des sexes interne : Ce conflit érotique est en réalité une lutte avec soi-même : l'homme refuse d'accepter sa propre sensibilité (Anima) et la femme refuse d'intégrer son propre esprit d'affirmation (Animus).

Les visages de ces deux archétypes . L'Anima (chez l'homme) : Elle se projette souvent sous les traits de la femme fatale, de la déesse pure, ou de la sirène insaisissable. Non intégrée, elle rend l'homme capricieux, hyper-sensible et instable. L'Animus (chez la femme) : Il se projette sous les figures du héros, du conquérant, ou du maître intellectuel. Non intégré, il pousse la femme à des jugements rigides, dogmatiques et argumentatifs. Comment résoudre ce conflit ? Pour Jung, la solution n'est pas de changer de partenaire, mais de rapatrier la projection. L'individu doit reconnaître que les qualités (ou les défauts) qui le fascinent chez l'autre appartiennent en réalité à sa propre psyché et doivent être intégrées pour atteindre la complétude.

02/08/2026

«Qui regarde le miroir de l’eau aperçoit, il est vrai, tout d’abord sa propre image. Qui va vers soi-même risque de se rencontrer soi-même. Le miroir ne flatte pas, il montre fidèlement ce qui regarde en lui, à savoir le visage que nous ne montrons jamais au monde, parce que nous le dissimulons à l’aide de la persona, du masque du comédien. Le miroir lui, se trouve derrière le masque et dévoile le vrai visage. C’est la première épreuve du courage sur le chemin intérieur, épreuve qui suffit pour effaroucher la plupart, car la rencontre avec soi-même est de ces choses désagréables auxquelles on se soustrait tant que l’on a la possibilité de projeter sur l’entourage tout ce qui est négatif.».

Les racines de la conscience, C.G. Jung, page 45

Artiste : Le Caravage (Caravaggio)

29/07/2026

L’autonomie rigide / autonomie surcompensatoire, que l’on nomme de manière plus informelle « hyper-indépendance », se traduit par le besoin impérieux de tout gérer seul, sans jamais solliciter ni accepter d’aide.

Ses origines remontent souvent à l’enfance, lorsque les figures parentales sont physiquement ou émotionnellement absentes, ou lorsque l’enfant subit le rejet, les moqueries ou un manque de reconnaissance. Très tôt, il comprend que ses besoins d’affection et de réconfort risquent de rester insatisfaits. Pour se protéger de cette douleur, il se forge alors la règle : « ne rien attendre des autres pour ne jamais être déçu ».

À l’âge adulte, ce réflexe devient omniprésent : choix d’études, projets professionnels, relations affectives, gestion des émotions… Demander de l’aide réveille la crainte de redevenir dépendant, de se sentir vulnérable ou rejeté. Même pour monter un meuble, remplir un formulaire ou prendre un rendez-vous, tout se fait en solitaire.

Ce besoin absolu de contrôle, souvent associé à un perfectionnisme exacerbé, renforce l’isolement. Déléguer, c’est s’exposer à la déception, au jugement, voire à l’imprévisible. Pourtant, l’hyper-indépendance augmente fortement le risque d’épuisement et de burn-out. La peur de l’erreur pousse à des attentes irréalistes. La personne ignore alors les signaux d’alerte (insomnie, douleurs, irritabilité) jusqu’à l’effondrement : dépression, anxiété généralisée, voire troubles physiques importants.

Pour sortir de l’hyper-indépendance, apprendre à déléguer constitue un premier pas essentiel.
Confier une tâche, même minime, libère de l’espace mental et réduit la charge émotionnelle. Se délester ne diminue en rien votre force, au contraire, c’est reconnaître que votre potentiel peut pleinement s’exprimer avec le soutien des autres.

28/07/2026

La culpabilité réduit l’espace de la pensée. Explications.

La compréhension cognitive suppose une capacité à prendre du recul, à analyser les causes, les contextes, les nuances. Or, lorsque la culpabilité est intense, elle peut provoquer un phénomène de rétrécissement cognitif : la personne ne cherche plus à comprendre, elle cherche à se juger.

Au lieu de :
« Pourquoi ai-je agi ainsi ? Quelles étaient mes ressources, mes limites, mon contexte ? »
La pensée bascule vers :
« J’ai mal agi, donc je suis mauvais. »

La culpabilité transforme une analyse d’un comportement en un jugement global sur soi.

La culpabilité peut fonctionner comme une défense contre la complexité.
Comprendre réellement une situation implique d’accepter plusieurs vérités en même temps :
* j’ai pu blesser quelqu’un et avoir mes raisons
* j’ai pu faire une erreur et rester une personne digne
* quelqu’un a pu souffrir de mes actes sans que toute mon identité soit réduite à cet acte.

La culpabilité excessive refuse souvent cette complexité. Elle cherche une explication simple : un coupable, une faute, une condamnation.
Dans ce sens, elle « désarme » la cognition parce qu’elle remplace la recherche de compréhension par la nécessité de sanction.

La culpabilité active des biais cognitifs.
Quand une personne se sent coupable, certains mécanismes peuvent apparaître :
* La personnalisation : « Tout est de ma faute. »
* La pensée dichotomique : « Je suis quelqu’un de bien ou de mauvais. »
* La lecture morale excessive : « Si j’ai fait quelque chose de mal, cela révèle qui je suis. »

La cognition devient alors moins disponible pour explorer les nuances.

La différence entre culpabilité constructive et culpabilité toxique
Il faut toutefois distinguer deux formes :

La culpabilité constructive :
Elle stimule la réflexion et la responsabilité.
« J’ai fait quelque chose qui ne correspond pas à mes valeurs. Que puis-je réparer ou apprendre ? »
La culpabilité toxique.
Elle bloque la réflexion et enferme dans la honte.
« J’ai fait quelque chose de mal, donc je suis mauvais. »

La première ouvre un mouvement de réparation alors que la seconde ferme l’accès à la compréhension.

Une lecture psychanalytique possible.
Dans une perspective psychanalytique, on pourrait dire que la culpabilité peut être liée à l’action du Surmoi, instance qui juge et impose des exigences morales. Lorsque cette instance devient trop sévère, elle peut écraser les capacités de l’ego à élaborer, symboliser et comprendre.
Le sujet n’est plus dans :
« Je pense ce qui s’est passé »
Mais dans :
« Je subis le verdict intérieur. »

La culpabilité intense suspend parfois la capacité de comprendre : elle transforme l’analyse d’une situation en procès intérieur. Là où la cognition cherche des causes, des nuances et du sens, la culpabilité cherche un responsable et une peine.

26/07/2026

Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maitres tremblent
devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois
parce qu'ils ne reconnaissent plus au dessus
d'eux l'autorité de rien ni de personne,
Alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le debut de la tyrannie.

PLATON
La République

26/07/2026

« Le perfectionnisme est un redoutable ennemi de la vie psychique. Il est responsable de la quasi-totalité des burn-out et d’un bon nombre de dépressions. Il nous pousse à la honte et à l’autodénigrement, nous enjoint de courir sans cesse après des buts imaginaires, et ses injonctions intériorisées nous parlent en un constant dialogue intérieur, sapant notre confiance en soi et élargissant notre faille narcissique…

Aux yeux de notre perfectionniste intérieur comme du perfectionniste extérieur mis en place par les exigences d’une société basée sur la compétition, tous nos efforts ne seront jamais « assez ». Dans son analyse du modèle de la vulnérabilité comme une libération du courage d’être et d’oser qui se vit au sein même de nos limitations, Brené Brown, chercheuse en travail social, se livre à une critique en règle de ce parasite psychique de première catégorie ! Tout d’abord, et contrairement à ce que l’on s’imagine, le perfectionnisme « diffère de la recherche de l’excellence. Le perfectionnisme n’a rien à voir avec la croissance et l’épanouissement harmonieux.

Le perfectionnisme est un mouvement défensif. Il fait croire qu’en agissant parfaitement et en ayant l’air parfait, on peut minimiser ou éviter la souffrance du reproche, du jugement et de la honte ».

Autre croyance à réviser : « Le perfectionnisme n’a rien à voir avec le fait de devenir meilleur. L’essence du perfectionnisme est de tenter d’obtenir l’approbation d’autrui. La plupart des perfectionnistes ont grandi en étant loués pour leurs comportements et leurs accomplissements (diplômes, manières, obéissance aux règles, apparence, performances sportives).

Quelque part en chemin, ils ont adopté ce dangereux et débilitant système de croyances : “Je suis ce que j’accomplis et la manière dont je l’accomplis. Faire plaisir. Accomplir. Parfaire.” » En réalité et à l’inverse de ce que l’on nous raconte, « le perfectionnisme n’est pas la clé du succès. Au contraire, les recherches montrent que le perfectionnisme freine l’accomplissement. Le perfectionnisme est corrélé avec la dépression, l’anxiété, la toxicomanie, la paralysie affective et les occasions manquées ».

En définitive, le perfectionnisme apparaît comme étant une forme subtile de la honte. S’il constitue un piège redouté, c’est parce qu’il représente « un système de croyances addictif et autodestructeur qui alimente principalement cette pensée : “Si j’ai l’air parfait et que je fais tout parfaitement, je peux éviter ou atténuer les sentiments douloureux de honte, de jugement et de reproche”.

Le perfectionnisme est autodestructeur tout simplement parce que la perfection n’existe pas. C’est un but inaccessible. » Bref : s’il nous faut renoncer à notre inféodation à ce système de pensée asservissant, c’est parce que le perfectionnisme est une arnaque ! La seule manière de se libérer de ce chantage perpétuel consiste à sortir volontairement du cercle en renonçant à être parfait, pour n’en devenir que plus complet… »

Issu du livre « découvrir et accueillir sa part d’ombre »
Christophe THUILLIER

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